
Quand Sophie m’a appelé l’année dernière, elle était épuisée. 45 minutes de route chaque week-end pour vérifier que sa mère de 81 ans allait bien à Châtellerault. Après une chute sans gravité — mais une chute quand même — elle ne dormait plus. « Je ne sais plus quoi faire », m’a-t-elle dit. Je connais cette phrase par cœur. Et je sais que derrière, il y a souvent des mois d’hésitation, de culpabilité, et surtout de confusion entre des solutions qui n’ont rien à voir entre elles.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas un accompagnement personnalisé. Les tarifs, conditions et disponibilités varient selon les établissements. Contactez directement la résidence pour une information actualisée.
- Résidence senior ≠ EHPAD : destinée aux personnes autonomes (GIR 5-6 uniquement)
- Services inclus : présence 24h/24, animations, navette, téléassistance
- Aides possibles : APL ou ALS selon ressources, APA à domicile si GIR 1-4
- Quartier Saint-Claude : commerces et parc de l’Ilot de Laâge à 800 mètres
Résidence senior ou EHPAD : la confusion qui fait perdre des mois
Dans ma pratique, je constate que beaucoup de familles perdent un temps précieux à visiter des EHPAD alors que leur parent, encore autonome, relève d’une résidence services. Cette confusion, que j’observe régulièrement en Nouvelle-Aquitaine, retarde souvent la décision de 6 à 12 mois. Ce constat est limité à mon expérience d’accompagnement, mais il se répète tellement que je préfère commencer par là.
Soyons clairs : une résidence services seniors et un EHPAD, ce n’est pas du tout la même chose. La différence fondamentale ? Le niveau d’autonomie. Selon les critères GIR définis par Service-Public, les personnes classées GIR 5 ou 6 sont considérées comme autonomes ou faiblement dépendantes. Ce sont elles qui correspondent au profil d’une résidence senior.

L’erreur la plus fréquente que je rencontre : attendre qu’un parent soit en GIR 3 ou 4 pour agir, alors qu’à ce stade, c’est l’EHPAD qui devient la seule option. Franchement, ça me met hors de moi quand des familles découvrent cette distinction trop tard.
| Critère | Résidence senior | EHPAD |
|---|---|---|
| Public cible | Seniors autonomes | Personnes dépendantes |
| Niveau autonomie (GIR) | GIR 5-6 | GIR 1 à 4 |
| Présence médicale | Non (mais téléassistance) | Équipe soignante permanente |
| Liberté d’aller-venir | Totale | Encadrée |
| Statut du logement | Locataire (bail classique) | Hébergement médicalisé |
Ce que les familles ignorent souvent : en résidence services, votre parent reste locataire. Il signe un bail, il peut recevoir qui il veut, partir quand il veut. C’est son chez-lui, avec des services en plus. Rien à voir avec une structure médicalisée où les entrées et sorties sont contrôlées.
Au quotidien : ce que change vraiment la vie en résidence services
J’ai accompagné Mme Martine D. il y a deux ans. 79 ans, ancienne institutrice, veuve depuis 18 mois. Elle vivait seule dans une maison à étage à Châtellerault, et ses enfants à Poitiers s’inquiétaient après deux chutes en six mois. Son refus initial était catégorique : « Je ne veux pas aller en maison de retraite. » J’ai dû lui expliquer trois fois que ce n’était pas du tout ce qu’on lui proposait.
Quand elle a finalement accepté de visiter une résidence senior à Châtellerault avec ses petits-enfants, quelque chose a changé. Le T2 avec vue sur le parc, la possibilité de garder son chat, l’idée de ne plus avoir à tondre la pelouse ni à monter les escaliers vingt fois par jour. Elle a signé le mois suivant.
Services généralement inclus dans le loyer d’une résidence services :
- Présence du personnel 7j/7 et 24h/24
- Téléassistance (bouton d’alerte)
- Accès aux espaces communs (salon, bibliothèque, jardin)
- Animations collectives
- Navette pour les déplacements groupés
Attention : la restauration, le ménage et les services à la personne sont souvent en supplément. Demandez toujours le détail.
Ce qui change vraiment au quotidien ? D’abord, la sécurité passive. Savoir qu’en cas de problème, quelqu’un peut intervenir rapidement. Mon avis (qui n’engage que moi) : le critère numéro un, c’est la vie sociale, pas la piscine. J’ai vu des résidents s’épanouir grâce aux animations, aux repas partagés, aux voisins de palier. Et j’en ai vu d’autres, plus renfermés, qui auraient été aussi bien chez eux.
Concernant les aides financières, c’est là que ça se complique. Selon le portail officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr, les résidents peuvent demander l’APL ou l’ALS sous conditions de ressources. L’APA ? C’est possible, mais attention : en résidence services, c’est l’APA à domicile qui s’applique, pas l’APA établissement. Et seulement si vous êtes en GIR 1 à 4 — ce qui, logiquement, ne devrait pas être le cas si vous entrez en résidence senior.
Châtellerault quartier Saint-Claude : vivre à 800 mètres de tout
Je ne vais pas vous mentir : l’emplacement, c’est la moitié de la réussite. J’ai vu des seniors s’ennuyer à mourir dans des résidences magnifiques mais perdues en périphérie. À Châtellerault, le quartier Saint-Claude offre un compromis que je trouve intéressant : calme résidentiel, mais à distance de marche des commerces.

D’ailleurs, j’ai remarqué que les familles châtelleraudaises sous-estiment souvent l’attachement de leur parent au quartier. La boulangerie où il va depuis 30 ans, le marché du samedi Place de Blossac, le médecin traitant installé rue Bourbon. Déraciner quelqu’un de ses repères, même pour un logement plus adapté, c’est un risque à peser.
Ce qu’on trouve à proximité immédiate (rayon 800 m)
- Commerces Place de Blossac : boulangerie, pharmacie, tabac-presse
- Parc de l’Ilot de Laâge : promenades ombragées, bancs
- Arrêts de bus réseau urbain Châtellerault
- Cabinet médical et kinésithérapeutes
Si vous cherchez à définir les critères de choix d’un logement senior, l’accessibilité aux services du quotidien devrait figurer en haut de la liste. Les projections de la DREES publiées en octobre 2025 sont claires : plus de 2 millions de personnes de 60 ans ou plus sont déjà en perte d’autonomie en France. Ce chiffre approchera 2,8 millions d’ici 2050. Anticiper, c’est aussi choisir un lieu où l’on pourra vieillir plusieurs années sans avoir à redéménager.
Préparer sa visite : les 5 questions que personne n’ose poser
Je me souviens de M. René, 84 ans, ancien cheminot. Il habitait rue du 14ème RTA, à 200 mètres de la résidence Les Trèfles. Son fils unique vivait à Bordeaux et s’inquiétait de le savoir seul. René a refusé trois fois de visiter. La quatrième fois, il a accepté, un peu bourru. Quand il a vu le parc de l’Ilot de Laâge depuis le balcon du studio témoin, il a eu les larmes aux yeux. Il n’a pas signé tout de suite — il a demandé une période d’essai de trois mois, et il reste méfiant sur les animations collectives. Mais il est là. Franchement, forcer la main ne marche jamais. Il faut laisser le temps du deuil de la maison.
La timeline typique que j’observe sur le terrain :
-
Premier contact et visite de la résidence
-
Réflexion familiale (et souvent, débats)
-
Constitution du dossier administratif
-
Attribution du logement (selon disponibilité)
-
Emménagement et période d’adaptation
Ces délais sont ceux que je constate en Nouvelle-Aquitaine. La disponibilité des logements varie beaucoup : parfois c’est immédiat, parfois il faut attendre plusieurs mois pour un T2 ou un T3.
Votre mémo pour la première visite
- Demander le détail des charges incluses ET des services facturés en supplément
- Poser la question de la période d’essai (existe-t-elle ? sous quelles conditions ?)
- Demander l’historique d’évolution tarifaire des 3 dernières années
- Visiter aux heures des repas pour observer l’ambiance réelle
- Vérifier si les animaux de compagnie sont acceptés (et lesquels)
Conseil terrain : Visitez toujours avec votre proche, jamais en repérage seul. J’ai vu trop de familles revenir une deuxième fois avec le senior… qui refuse tout parce qu’il n’a pas été associé au choix. C’est humain : personne n’aime qu’on décide pour lui.
Ce qui me met hors de moi : les familles qui découvrent les coûts réels après la signature. Les tarifs affichés comprennent généralement le loyer et un socle de services, mais la restauration, le ménage hebdomadaire, l’aide ponctuelle à la toilette — tout ça se paie en plus. Demandez une simulation personnalisée, avec tous les postes détaillés.
Et maintenant ?
Si vous ne devez retenir qu’une chose de cet article, c’est celle-ci : une résidence senior n’est pas une « maison de retraite » au sens où on l’entend habituellement. C’est un appartement à soi, avec des services autour. Et cette nuance change tout.
Pour votre parent à Châtellerault, la question à vous poser n’est pas « est-ce qu’il en a besoin maintenant ? » mais plutôt « est-ce qu’il sera encore assez autonome pour y entrer dans six mois ? ». Sur le terrain, la réalité est que le premier mois est toujours difficile. Mais les seniors qui s’adaptent le mieux sont ceux qui ont choisi eux-mêmes.
Si vous souhaitez approfondir et explorer d’autres pistes avant de prendre votre décision, je vous conseille de consulter les différentes options de logement pour seniors disponibles selon votre situation.
Précisions sur les conditions d’admission
- Les tarifs mentionnés sont indicatifs et peuvent varier selon le type d’appartement et les services choisis
- Les conditions d’admission (niveau d’autonomie GIR) sont évaluées au cas par cas par chaque établissement
- Les aides financières (APA, APL) dépendent de votre situation personnelle et doivent être demandées auprès des organismes compétents
Pour un accompagnement personnalisé, contactez le CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination) de la Vienne ou le CCAS de Châtellerault.